Hommage à Claude Bessy

Claude Bessy

Crédit photo de couverture : © Fonds Serge Lifar – droits réservés

En mémoire à Claude Bessy, qui nous a quittés le 23 avril 2026.

Danseuse, chorégraphe et professeur de ballet, elle fut danseuse étoile du ballet de l’Opéra de Paris (dont elle fut la Directrice de de 1970 à 1971) , puis dirigea l’École de danse de l’Opéra de Paris de 1972 à 2004.

Elle fut aussi une interprète privilégiée du chorégraphe Serge Lifar. 

Claude Bessy et Serge Lifar © Francette Levieux

Claude Bessy et Serge Lifar en répétition des «Animaux modèles» , chorégraphie de Serge Lifar, à l’Ecole de Danse, 1979 © Francette Levieux – droits réservés

Extrait d’une interview écrite réalisée par @dansesaveclaplume 

Pouvez-vous tout d’abord nous dresser un portrait de Serge Lifar ? 

C’était quelqu’un d’assez beau, et complètement fascinant. Avec des grandes mains, du charme, du charisme… J’étais amoureuse, tout simplement, comme tous les hommes et les femmes qu’il croisait.

Quand avez-vous vraiment été en contact avec lui ? 

Imaginez la petite gamine de 14 ans que j’étais, tout juste engagée dans la compagnie. C’est la guerre, et Serge Lifar a été exclu. Tout ce que j’ai vu à l’Ecole de Danse, quand j’allais voir des spectacles, c’était des créations de Lifar… Et voilà que nous repartions à faire Les deux pigeons, toutes ces vieilleries. C’est charmant, mais on ne faisait que ça. Il y a eu un mouvement important parmi les danseur-se-s, des grèves, des manifestations, pour le faire revenir. Jean Babilée l’a énormément défendu. 
Lifar est donc revenu. Il travaillait très vite… Et il oubliait aussi vite ce qu’il créait, dans la seconde. « Bessy, vous faites ça »  , est devenu «Bessy, faites » , puis « Bessy, refaites » , puis « Qu’est-ce que j’ai fait Bessy ?» . Parce que Bessy = mémoire. Cela a été prodigieux pour moi.

Vous l’avez aussi connu personnellement ?

Très vite, nous sommes partis en tournée en Amérique du Sud. J’avais 15 ans. Mon père a dit à Lifar : « Je vous la confie » . Il a pris ça au pied de la lettre, et il m’a trimballé partout, pendant toute la tournée : les ambassades, les diners… Partout, il y avait toujours Lifar, et la gamine derrière. Je me suis faîtes toutes les ennemies du monde ! Ça a créé une situation dans le ballet qui ne m’a pas été favorable du tout. Mais j’ai eu la chance de le côtoyer dans la vie quotidienne, de l’entendre raconter sa vie. C’était un être complètement passionné de danse, d’art, de musique… Il avait fait tous les musées du monde. Je l’écoutais parler. J’ai eu beaucoup de chance dans ma vie, j’ai eu des relations humaines avec de grands personnages.