{"id":6699,"date":"2023-02-12T15:03:29","date_gmt":"2023-02-12T15:03:29","guid":{"rendered":"https:\/\/dev2023.sergelifar.org\/%d1%85%d0%be%d1%80%d0%b5%d0%be%d0%b3%d1%80%d0%b0%d1%84%d0%b8%d0%b8\/guignol-et-pandore\/"},"modified":"2024-03-11T11:52:05","modified_gmt":"2024-03-11T10:52:05","slug":"guignol-et-pandore","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/www.sergelifar.org\/ru\/%d1%85%d0%be%d1%80%d0%b5%d0%be%d0%b3%d1%80%d0%b0%d1%84%d0%b8%d0%b8\/autres-ballets\/guignol-et-pandore\/","title":{"rendered":"Guignol et Pandore"},"content":{"rendered":"<div id=\"pl-6699\"  class=\"panel-layout\" ><div id=\"pg-6699-0\"  class=\"panel-grid panel-no-style\" ><div id=\"pgc-6699-0-0\"  class=\"panel-grid-cell\" ><div id=\"panel-6699-0-0-0\" class=\"so-panel widget widget_sow-editor panel-first-child panel-last-child\" data-index=\"0\" ><div\n\t\t\t\n\t\t\tclass=\"so-widget-sow-editor so-widget-sow-editor-base\"\n\t\t\t\n\t\t>\n<div class=\"siteorigin-widget-tinymce textwidget\">\n\t<p>Ballet en un acte<\/p>\n<p>Premi\u00e8re : le 29 avril 1944 \u00e0 l\u2019Op\u00e9ra de Paris<\/p>\n<p>Musique&nbsp;: Andr\u00e9 Jolivet<\/p>\n<p>Argument&nbsp;(ou livret) : Serge Lifar<\/p>\n<p>D\u00e9cors&nbsp;et costumes&nbsp;: Andr\u00e9 Dignimont<\/p>\n<p>Direction musicale&nbsp;: Louis Fourestier<\/p>\n<p>Principaux interpr\u00e8tes&nbsp;: Nicolas Efimoff (le Bourreau), Marianne Ivanoff (la Belle-m\u00e8re), Serge Lifar (Guignol), Suzanne Lorcia (Guignolette), Serge Peretti (Pandore), Roland Petit et Michel Renault (les Gendarmes), Roger Ritz (le Juge)<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">* * * * * * * *<\/p>\n<p>\u00ab<em> Guignol et Pandore<\/em>, musique de Jolivet, d\u00e9cors de Dignimont, s\u2019apparente dans notre esprit \u00e0 <em>L\u2019\u00c9tranger<\/em> d\u2019Albert Camus, qui traite d\u2019un meurtre occasionnel et de l\u2019indiff\u00e9rence g\u00e9n\u00e9rale envers le condamn\u00e9.<\/p>\n<p>[\u2026] Lifar transforma en un drame v\u00e9cu le jeu bien connu de Guignol maltrait\u00e9 par les gendarmes jusqu\u2019\u00e0 ce que la mort s\u2019ensuive, et qui ressuscite puisqu\u2019il est immortel (comme P\u00e9trouchka). Le pauvre Guignol, pantin humain dont le destin tire les ficelles, acquiert la dimension d\u2019un personnage tragique. Le th\u00e8me de la solitude, att\u00e9nu\u00e9 dans <em>Istar<\/em> par la pr\u00e9sence de l\u2019Amour, est soulign\u00e9 dans <em>Guignol et Pandore<\/em> dont le v\u00e9ritable amour est absent, Guignolette \u00e9tant trop volage pour qu\u2019on puisse se fier \u00e0 ses larmes.<\/p>\n<p>Contrairement \u00e0 ce qui se passe dans <em>P\u00e9trouchka<\/em>, les pantins n\u2019\u00e9taient pas entour\u00e9s d\u2019une foule bruyante et gaie, ils \u00e9taient isol\u00e9s dans leur petite vie. Seul, le Meneur de Jeu, d\u00e9mesur\u00e9ment grand sur un escalier mobile, dominait la sc\u00e8ne et animait les pantins au son d\u2019une clochette, puis disparaissait pour ne repara\u00eetre qu\u2019au final.<\/p>\n<p>Le Directeur de notre Guignol est en bois. C\u2019est une immense marionnette, sans c\u0153ur et sans \u00e2me qui, impassible, provoque et arr\u00eate le drame sans le vivre, d\u2019un geste machinal de son bras articul\u00e9.<\/p>\n<p>Par contre, ces pantins sont des \u00eatres humains&nbsp;: ils jouent, s\u2019animent, rient, pleurent, ont mal, aiment, s\u2019amusent, r\u00eavent, meurent, ressuscitent\u2026 Comme ils sont beaucoup plus petits que le Directeur en bois, ils paraissent au public de v\u00e9ritables marionnettes. Au lever du rideau, cet effet de perspective \u00e9tait hallucinant. Quand Lorcia (Guignolette) et Serge Lifar (Guignol) apparaissaient dans le fond du th\u00e9\u00e2tre, on croyait voir s\u2019animer des marionnettes. Par cet amusant tour de passe-passe, ce charmant ballet \u00e9chappait aussit\u00f4t au r\u00e9alisme.<\/p>\n<p>Nous \u00e9tions s\u00e9par\u00e9s du petit th\u00e9\u00e2tre traditionnel de Guignol par un espace vide&nbsp;: il n\u2019y avait qu\u2019un banc o\u00f9 s\u2019asseyait Guignolette. Pas de t\u00e9moins sympathisants&nbsp;: la solitude. Guignol jouait sa petite aventure, toute pareille aux faits divers que nous lisons quotidiennement dans les journaux sans trop y pr\u00eater attention&nbsp;: amour, confiance, trahison de la bien-aim\u00e9e, intrigues de la belle-m\u00e8re, jalousie du pauvre amoureux, crime passionnel, jugement, ex\u00e9cution. Guignol ressuscite, mais seulement pour recommencer, et s\u2019il ressuscite mille fois, ce sera toujours la m\u00eame vie, car il est vou\u00e9 au malheur. Tout en s\u2019apparentant \u00e0 la famille glorieuse de la <em>Commedia dell\u2019arte<\/em>, et poss\u00e9dant quelques traits en commun avec Polichinelle, Guignol n\u2019a ni son audace, ni sa verve, ni son pass\u00e9 brillant. Il ne bataille qu\u2019avec les gendarmes du quartier, et n\u2019est acclam\u00e9 que par les enfants. C\u2019est un humble.<\/p>\n<p>Mais sa vie lui para\u00eet rose et son c\u0153ur chaud, puisqu\u2019il aime Guignolette et s\u2019en croit aim\u00e9. Tel nous le montre Lifar dans son habit collant, le petit chapeau sur la t\u00eate, gesticulant dans l\u2019ouverture du petit th\u00e9\u00e2tre et exprimant de fa\u00e7on na\u00efve son bonheur si incertain. Guignol est terre \u00e0 terre, il n\u2019a pas d\u2019ailes pour s\u2019envoler au-dessus des mis\u00e8res de la vie, il est l\u00e9ger, gracieux, mais un peu raide, comme s\u2019il \u00e9tait en bois. Pas de <em>grands jet\u00e9s<\/em>, pas d\u2019<em>envol<\/em> extraordinaire, mais des <em>tours \u00e0 la seconde<\/em>, une <em>batterie<\/em> exquisement nette, des <em>entrechats-huit<\/em> battus avec une aisance de poup\u00e9e tir\u00e9e par des fils, et qui d\u00e9passaient le nombre habituel, tout en \u00e9tant ex\u00e9cut\u00e9s avec un parfait <em>clair-obscur<\/em>, les jambes ouvertes, passant l\u2019une devant l\u2019autre, puis se refermant&nbsp;: c\u2019\u00e9tait Lifar, le grand ma\u00eetre des entrechats qui les ex\u00e9cutait \u00e0 la cr\u00e9ation avant de c\u00e9der son r\u00f4le au jeune Michel Renault, qui, d\u2019ailleurs, y fut excellent.<\/p>\n<p>Les pantins descendus du th\u00e9\u00e2tre par un petit escalier de c\u00f4t\u00e9 \u00e9voluaient sur la grande sc\u00e8ne dans un <em>pas de deux<\/em> empreint d\u2019amour et de joie. Guignolette ex\u00e9cutait des petits pas <em>piqu\u00e9s<\/em>, des <em>pirouettes<\/em>, toute la gamme des pas d\u2019\u00e9cole destin\u00e9s \u00e0 s\u00e9duire. Guignol, heureux comme un vrai pantin entre les mains d\u2019un bon manieur, dansait tout en <em>staccato<\/em>, tournant et sautillant \u00e0 son aise, avant de partir, confiant. Le gendarme, cavalier pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 des filles du quartier, faisait des avances \u00e0 Guignolette, qui oubliait ses promesses. La m\u00e8re perfide jouait le r\u00f4le d\u2019intrigante et sautillait gaiement, les jambes li\u00e9es, pr\u00e9voyant sa r\u00e9ussite&nbsp;: un gendarme en uniforme brillant \u00e9tait un fianc\u00e9 bien plus prestigieux qu\u2019un pauvre Guignol dans sa petite veste brune. Guignol, pr\u00e9occup\u00e9 et timide, marchait les bras derri\u00e8re le dos. Il \u00e9tait trop amoureux pour rompre, et se retrouvant seul avec sa future belle-m\u00e8re il t\u00e2chait de la sermonner, mais le fil du destin tirait la pauvre marionnette humaine, et, pris de rage, il frappait son interlocutrice. La voyant tomber, il ne voulait pas croire au malheur. Il la soulevait, il voulait la ranimer. Trop tard.<\/p>\n<p>A partir de ce moment, la catastrophe se d\u00e9clenchait&nbsp;: dans l\u2019ouverture du petit th\u00e9\u00e2tre apparaissaient deux solides gendarmes, aux gants blancs, aux gestes pr\u00e9cis, joyeux comme s\u2019ils n\u2019attendaient que cela&nbsp;: ils regardaient le pauvre Guignol, rapetiss\u00e9, recroquevill\u00e9, et descendaient d\u2019un pas majestueux, o\u00f9 se refl\u00e9tait leur contentement d\u2019eux-m\u00eames, pour saisir leur gibier, si fr\u00eale entre leurs mains, le tra\u00eener, le mettre sur un banc isol\u00e9 dans l\u2019attente de son sort, tandis que le corps de la m\u00e8re \u00e9tait port\u00e9 en triomphe. L\u2019instant \u00e9tait bouleversant, car Guignol ne se d\u00e9battait point. Guignolette le consolait, en dansant son amour et se volont\u00e9 de le d\u00e9fendre, mais on ne la laissait pas approcher de lui. Suivait une sc\u00e8ne d\u2019un grotesque saisissant&nbsp;: les juges montaient \u00e0 la tribune. Leurs bonds, les jambes ouvertes, leurs gestes, leurs attitudes, leurs regards \u00e9taient si \u00e9loquents qu\u2019on croyait entendre leurs discussions agit\u00e9es, chacun poss\u00e9dant une personnalit\u00e9 bien accentu\u00e9e, tout en formant un groupe homog\u00e8ne impressionnant.<\/p>\n<p>Lifar montre rarement son sens de l\u2019humour, il est trop passionn\u00e9 pour cela. Les juges de <em>Guignol<\/em> \u00e9taient une caricature de grand style. Cet \u00e9pisode du jugement unissait le comique au tragique&nbsp;: les juges hautains et pr\u00e9tentieux faisaient mine de parler entre eux, tandis que le pauvre Guignol pr\u00e9sentait sa d\u00e9fense dans une danse apeur\u00e9e et suppliante, toute en <em>saccades<\/em>, petits <em>bonds<\/em>, <em>marche<\/em> <em>staccato<\/em>, ne s\u2019aventurant point en <em>entrechats<\/em> ou <em>tours<\/em>, car il avait trop mauvaise conscience pour cela. La plaidoirie de Guignolette dans sa danse de d\u00e9solation devant la tribune des juges, sa grande variation avec toute la complexit\u00e9 des pas classiques pour les attendrir, n\u2019obtenant pas de r\u00e9ponse favorable, elle reprenait la danse \u00e9loquente de supplication. Guignol ensuite n\u2019avait pas plus de succ\u00e8s, aussi merveilleusement dans\u00e9e et expressive que soit sa derni\u00e8re parole. On le saisissait&nbsp;; et la marche, avec de grands battements, vers le lieu d\u2019ex\u00e9cution commen\u00e7ait. Deux aides-bourreau tra\u00eenaient la petite silhouette chancelante, Guignolette le suivait \u00e9plor\u00e9e, les sbires fermaient le cort\u00e8ge. Guignol \u00e9tait jet\u00e9 sur le plancher, les deux aides le tenant par ses bras \u00e9cart\u00e9s. Trop docile, il se d\u00e9battait \u00e0 peine. Un geste tranchant du bourreau, et sa t\u00eate semblait s\u00e9par\u00e9e d\u2019un coup. Il gisait inanim\u00e9. Mais soudain Guignol reprenait vie, il sautait sur un pi\u00e9destal \u00e9troit, y battait ses <em>entrechats-huit<\/em> innombrables, puis se m\u00ealait \u00e0 la danse d\u2019ensemble avec la m\u00e8re ranim\u00e9e. Les juges dansaient un <em>Gopak<\/em> avec un entrain formidable, les gendarmes sautaient un galop avec les bourreaux, la m\u00e8re virevoltait comme tir\u00e9e par des fils, Guignolette s\u2019\u00e9vertuait \u00e0 danser joyeusement avec Guignol, oubliant tous les revers de son existence, et la gaiet\u00e9 g\u00e9n\u00e9rale des pantins ne s\u2019arr\u00eatait qu\u2019au son de la clochette du Meneur qui les invitait \u00e0 reprendre leur jeu. Le Directeur du Guignol avec sa sonnette ayant reparu, tout le monde retrouvait sa place dans l\u2019ouverture du petit th\u00e9\u00e2tre. Guignol exprimait son amour \u00e0 Guignolette retrouv\u00e9e, et se penchait dehors, les bras pendants, dans l\u2019attente s\u00e9culaire des marionnettes. Le rideau s\u2019abaissait sur l\u2019animation g\u00e9n\u00e9rale.<\/p>\n<p>C\u2019\u00e9tait un des ballets de Lifar le plus ing\u00e9nieux, mais aussi le plus sombre. La r\u00e9surrection et l\u2019amour retrouv\u00e9 n\u2019apportaient pas de consolation puisque Guignol rentrait dans l\u2019espace \u00e9troit de son petit th\u00e9\u00e2tre. Nous savons d\u2019avance ce que le sort lui r\u00e9serve pour la prochaine repr\u00e9sentation.<\/p>\n<p>Dans le r\u00f4le de Guignol, Serge Lifar \u00e9tait remarquable non seulement comme danseur, mais comme com\u00e9dien. Son Guignol, ridicule et pitoyable, semblait battre l\u2019air de ses mains de bois et prendre le ciel \u00e0 t\u00e9moin de sa souffrance et de sa r\u00e9volte sans espoir. Jamais Lifar n\u2019a \u00e9t\u00e9 plus expressif que dans les soubresauts tragiques, les col\u00e8res ridicules de cette poup\u00e9e \u00e0 la t\u00eate de bois, mais au c\u0153ur d\u2019or.<\/p>\n<p>Serge Peretti incarnait Pandore. Et Lorcia, admirablement habill\u00e9e par Dignimont, personnifiait Guignolette. Devant les juges, debout sur des estrades, elle essayait de d\u00e9fendre Guignol, en ex\u00e9cutant une variation tr\u00e8s difficile, qui nous montrait toutes les possibilit\u00e9s de sa technique. Dans ce ballet, Marianne Ivanoff \u00e9tait la m\u00e8re de Lorcia. Ce qui ajoutait du piquant \u00e0 sa composition, d\u2019une charmante ironie. Cette jeune et s\u00e9duisante belle-m\u00e8re fut tr\u00e8s applaudie dans une danse d\u2019un gracieux sentiment parodique.<\/p>\n<p>Ce ballet, qui eut un tr\u00e8s grand succ\u00e8s lors de la tourn\u00e9e de la troupe de l\u2019Op\u00e9ra en Am\u00e9rique du Nord et au Canada en 1948, fit entendre une note d\u2019amertume dans l\u2019art de Lifar, o\u00f9 la chor\u00e9graphie de l\u2019\u00c9cole devenait le langage des tourments de l\u2019\u00e2me. \u00bb<\/p>\n<p><em>Serge Lifar r\u00e9novateur du ballet fran\u00e7ais<\/em> par Jean Laurent et Julie Sazonova, Buchet\/Chastel Corr\u00eaa, Paris, 1960 (pp. 149-152)<\/p>\nngg_shortcode_0_placeholder\n<\/div>\n<\/div><\/div><\/div><\/div><\/div>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Ballet en un acte Premi\u00e8re : le 29 avril 1944 \u00e0 l\u2019Op\u00e9ra de Paris Musique&nbsp;: Andr\u00e9 Jolivet Argument&nbsp;(ou livret) : Serge Lifar D\u00e9cors&nbsp;et costumes&nbsp;: Andr\u00e9 Dignimont Direction musicale&nbsp;: Louis Fourestier Principaux interpr\u00e8tes&nbsp;: Nicolas Efimoff (le Bourreau), Marianne Ivanoff (la Belle-m\u00e8re), Serge Lifar (Guignol), Suzanne Lorcia (Guignolette), Serge Peretti (Pandore), Roland Petit et Michel Renault (les <\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":0,"parent":7159,"menu_order":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","template":"template-sousmenu.php","meta":{"_acf_changed":false,"ngg_post_thumbnail":0,"footnotes":""},"class_list":["post-6699","page","type-page","status-publish","hentry"],"acf":[],"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO plugin v27.4 - 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